mardi 20 janvier 2009

Décembre 2008.

Chartier Christian
Auteur du roman: "Un bon curé."
Editions Amalthée.
En vente sur Amazon et fnac.







Lundi 01/12/2008 : Vingtième semaine sans internet... "Impossible!" hurlent mes collègues qui ne supportent pas une heure de boggage. Ils essayent mon ordinateur, vérifient mes branchements et... s'en retournent chez eux content de leur système pas si merdique que ça. Quant à moi, je fais des heureux, c'est déjà ça.




Mardi 02/12/2008 : Vingtième semaine sans internet... Viviane n'aime pas qu'on lui fête sa fête... peut-être parce qu'elle est terre à terre, alors que le faîte aime l'altitude.




Mercredi 03/12/2008 : Vingtième semaine sans internet... Je n'ai plus envie de rien, puisque j'ai déjà tout, dans mes rêves.




Jeudi 04/12/2008 : Vingtième semaine sans internet... Les joujoux envahissent les magasins. Je m'achèterais bien un voilier de dix huit mètres, mais mon banquier n'aime toujours pas les chèques vacances.




Vendredi 05/12/2008 : Vingtième semaine sans internet... L'eau est froide dans le port, je coupe mon frigo dans le bateau; l'eau pour le pastis étant suffisamment fraîche dans mes coffres. Je vais essayer d'y loger des billets, ou Euros; c'est toujours bon d'avoir de l'argent frais chez soi.




Samedi 06/12/2008 : Vingtième semaine sans internet... Les moules envahissent ma coque... par l'extérieur. Je préférerais par l'intérieur mais... c'est nettement plus cher, non?




Dimanche 07/12/2008 : Départ demain pour Paris; beurk! Mais les habitudes familiales deviennent trop rapidement des obligations, qui heureusement n'ont qu'un temps. Cela doit être de là que vient la citation : "Compter le temps"; pour qui sait encore compter.




Lundi 08/12/2008 : Direction Paris, les relais internet parisiens seront peut-être meilleurs que ceux d'Istres. Ce sera de toute façon une maigre consolation.




Mardi 09/12/2008 : Mon internet s'améliore, l'antenne clignote comme le soleil de Paris qui ne sait pas par où s'infiltrer entre les nuages plus sombres et longs qu'une nuit polaire. Fait pas chaud non plus. Beurk Paris!




Mercredi 10/12/2008 : Arnouville-les-gonesse va changer de nom, d'après la presse régionale et un desiderata de son maire... Peut-être pour "Ardakarmarak", en effet plus proche de la réalité de ses habitants.




Jeudi 11/12/2008 : Mon ancienne antenne internet refonctionne, oui, mais toutes les pages que je demande restent "inaccessibles" ou "problème de connection"... GAG!




Vendredi 12/12/2008 : Mon serveur m'annonce qu'il sort une nouvelle version, avec mini-ordinateur portable compris, moins cher et illimité. J'ai des doutes mais j'accepte, sachant que si je n'aie pas de meilleurs résultats je me fais curé... quoique non, je tiens trop à mon cul; quant à la connerie humaine, j'en ai suffisament autour de moi en retrouvant les "fabuleux" programmes télé.




Samedi 13/12/2008 : Il y a longtemps que je n'aie pas lessivé des murs. C'est passionnant la vie pavillonaire. Mon bateau me semble de plus en plus lointain.




Dimanche 14/12/2008 : Le marché et boulanger sont ma seule sortie. Il n'y a pas que Venise qui soit triste. Caca Arnouville, avec ou sans gonesse.




Lundi 15/12/2008 : Il pleut sur mes rêves, le loto me fuit comme une marée continuellement descendante. C'est peut-être pour cela que je m'envase de plus en plus.




Mardi 16/12/2008 : Premier essai avec le nouvel internet. J'ouvre et... en gros titre "la Bourse plonge". Je referme, trop démoralisant.




Mercredi 17/12/2008 : Fait toujours pas chaud. Il neige même. Mes chaussettes sont chaudes sur le radiateur. Ce n'est pas pour cela que ça me réchauffe l'intérieur.




Jeudi 18/12/2008 : Les jardins sont blanc, c'est bien la seule chose qui présente une saine couleur dans cette "putain" de ville.




Vendredi 19/12/2008 : Le poisson est aussi congelé, mais pané et sans arêtes, m'obligeant à me raser. Quant à ma pannelure... il me manque le sable chaud du sud.




Samedi 20/12/2008 : "A la st Théophile on s'enfile", chantent les curés en se serrant dans leur autopropriété. Ils ont quand même des clients; peut-être des frustrés ou jaloux, leur vie ponctuelle manquant de piment. Pourquoi ne pas mourir plus vite, alors?




Dimanche 21/12/2008 : Le marché est plein de bouffe cher, les langoustines se frottant aux coquilles qui pincent les filets qui enrobent des papillotes truffées qui noient une olive ou fève pour désigner le gogo qui hurlera, la bouche en cul de poule: "Ho!!! c'est magnifique! et d'une saveur à faire chier le Pape". Moi, je préfère une boite de raviolis avec deux doigts de Bordeaux, peut-être quatre. Avec un éclair au chocolat pour terminer, que je poserai délicatement dans le fond d'une faïence (en n'oubliant pas de tirer une chasse salutaire, évidemment).




Lundi 22/12/2008 : Les plus difficiles quinze jours débutent, d'après de nombreux grincheux qui parlent et parlent dans le seul but d'être plus acariâtre que les autres. C'est drôle cette maladie des vieux qui reportent leur peine d'être âgés sur "les plus jeunes", bien entendu. Heureusement je ne vieillirai jamais, moi.. hé, hé!




Mardi 23/12/2008 : Les joujoux sont achetés mais j'ai oublié les piles... Heureusement celles des pacemakers durent; heureusement ou dommage?




Mercredi 24/12/2008 : Adèle me dit: "Que le cul te pèle!" lorsque je lui donne des boules de gomme à la place de sa tonne de médicaments. Y a pas de respect envers les jeunes bienfaiteurs; à moins qu'elle n'ait plus de dents.




Jeudi 25/12/2008 : A la place de joujoux, j'ai un pinceau, un rouleau et un pot de peinture... Il y a pourtant des façades qui ne méritent pas de ravalement, celles qui s'affichent toujours souriantes, mais jaune.




Vendredi 26/12/2008 : Un repas, même amélioré, doit-il être considéré comme festif... Ce n'est pas sûr car, si on regarde bien... les huîtres baillent avant de passer à table, le foie est déjà saturé de gras, la dinde est à la fois au milieu et autour de la table, l'atmosphère est souvent à la glace et, en quelques blagues douteuses, l'assemblée se fait chier. Vive les repas de fêtes!




Samedi 27/12/2008 : Qu'elle est la plus dangereuse entre l'indigestion culinaire ou celle de fausses joies accumulées pendant les fêtes... Seuls les jeunes enfants démontrent l'honnêteté en jouant plus avec les cartons ou emballages que les contenus. Prouvant que si l'habit ne fait pas le moine, il est malheureusement souvent plus considéré que le noyau, bon ou mauvais, qu'il camoufle.




Dimanche 28/12/2008 : Le marché ne solde pas encore malgré les ventes diminuées, seules les pharmacies faisant des affaires avec les préservatifs et autres cacaselsers. J'ai mal nul part, quant aux préservatifs... Peut-être pour inventer un alcootest de pauvre, pour une paille plus ver solitaire que feux follet.




Lundi 29/12/2008 : A la st David les bouteilles se vident; entre amis de préférence et loin de toutes les simagrées soi-disant festives. Encore une fois la simplicité est plus appréciée que toutes les pantalonnades d'un smoking qui camouflent pourtant des pets aussi malodorants que leur fournisseur. Je m'imagine toujours Sarkosy péter au coin d'un pilier ou le pape dans sa robe de pédé... ha, ha! ça ramène à la nature humaine, non?




Mardi 30/12/2008 : "Bonne fête Roger!!!" Seuls les muges ne lui souhaitent pas, c'est sûr.




Mercredi 31/12/2008 : L'année se termine... enfin disent certains, encore pour les plus de quarante ans, déjà pour ceux qui sautent une dizaine. Elle se termine, c'est sûr, et en bien pour les vivants qui ne devraient espérer qu'une chose, c'est de voir la fin de la prochaine; sauf pour les aveugles, bien entendu.




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